Des Israéliens assistent aux funérailles de l'otage Ran Gvili, à Meitar, le 28 janvier 2026 ( AFP / ilia yefimovich )
Dans l'enceinte d'un stade, des centaines de personnes rendent hommage au policier Ran Gvili avant ses funérailles. Israël enterre mercredi son dernier otage détenu à Gaza, tournant une page traumatisante de son histoire.
"J'espérais que tu rentres sur tes deux jambes, et cela m'a donné de la force", a lancé sa mère Talik Gvili, devant le cercueil recouvert du drapeau israélien, lors d'une cérémonie à Meitar, sa ville natale. "Pendant deux ans et quatre mois, nous n'avons cessé de parler de toi et tu es devenu l'enfant de tous".
"Aujourd'hui, mon frère, ce héros, est rentré à la maison (...) tu es la fierté de toute une nation", a ajouté son autre fils, Omri Gvili.
Présent aux côtés de la famille, le président israélien Isaac Herzog a "demandé pardon de ne pas avoir été là pour lui".
Sur l'estrade, le portrait de Ran Gvili, mort à 24 ans, s'affiche en grand. Et dans un grand silence seulement rompu par des sanglots étouffés, une foule réunie sous un ciel gris: des familles, dont beaucoup d'enfants. Certains portent le ruban jaune, symbole des otages.
"On aurait voulu qu'il revienne d'une autre façon", dit à l'AFP Reout Gavrieli, 44 ans. "Mais je suis quand même heureuse qu'il soit rentré à la maison, qu'il trouve enfin le repos et qu'on referme ce chapitre".
Connu pour son rôle dans la série à succès Fauda, l'artiste Idan Amedi a chanté son titre "Nigmar" (c'est terminé) à la fin de la cérémonie. Selon les médias, il a participé, en tant que réserviste, aux recherches pour retrouver Ran Gvili.
- Convoi militaire -
Le corps de ce policier, tué lors de l'attaque sanglante du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023, puis emmené à Gaza, a été rapatrié lundi en Israël, au lendemain de fouilles de l'armée israélienne dans un cimetière du nord du territoire palestinien.
Le Hamas avait dit avoir donné des informations sur l'emplacement du corps, en gage de bonne volonté et de son "engagement" en faveur du cessez-le-feu, en cours depuis le 10 octobre dernier.
Dans la matinée, le cercueil de Ran Gvili a quitté la base militaire de Shoura (centre d'Israël), salué par une rangée de policiers, avant de prendre la direction de Meitar, dans le sud du pays.
Des personnes portant des drapeaux israéliens se dirigent vers les funérailles de l'otage Ran Gvili, à Meitar, le 28 janvier 2026 ( AFP / John Wessels )
Le long de la route, des centaines d'Israéliens sont venus rendre un dernier hommage.
Lors de l'attaque du 7-Octobre, qui a déclenché la guerre à Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.
Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.
Ran Gvili avait été tué en défendant le kibboutz Aloumim.
- "Prix exorbitant" -
Dans un discours pour ces funérailles nationales, en présence aussi d'anciens otages, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu a également salué un "héros d'Israël".
Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine.
"Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", avait réagi le Forum des familles, qui a mené pendant deux ans le combat pour le retour des captifs.
Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien.
Des Israéliens assistent aux funérailles de l'otage Ran Gvili, à Meitar, le 28 janvier 2026 ( AFP / ilia yefimovich )
"Nous sommes déterminés à compléter nos missions: désarmer le Hamas et démilitariser Gaza, et nous y arriverons. Que nos ennemis sachent que quiconque lève la main sur Israël paiera un prix exorbitant", a insisté M. Netanyahu, lors de la cérémonie.
Dans le petit territoire palestinien où les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants.
La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

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